La phytomérisation
I _ Structure du phytomère

Apparaissant comme simple tronçon de la tige, un phytomère caulinaire est généralement un élément cylindrique constitué de deux parties superposées :

  • La partie supérieure est le noeud. Restant toujours très court, il sert de support à deux sortes de productions latérales : une ou plusieurs feuilles et un bourgeon renfermant un méristème latéral. Rarement, ce sont plusieurs bourgeons qui se forment sur le noeud. On leur donne le nom de bourgeons collatéraux.

Fig. 01 : Structure du phytomère
Fig. 01 : Structure du phytomère

P1 = Phytomère ; n1 = noeud 1 ; en1 = entre-noeud 1 ; B1 = Bourgeon 1 ; F1 = Feuille 1

Sur le noeud, feuilles et bourgeons sont toujours dans le même rapport de position : le bourgeon est porté par l'axe à l'aisselle de la feuille.

Cette relation a conduit au concept de bractée.

Une feuille quelconque prend valeur de bractée si à son aisselle se place un organe particulier. A l'aisselle d'une bractée florale se forme une fleur, à l'aisselle d'une bractée d'inflorescence on trouve un groupe de fleurs, etc...

  • La partie inférieure du phytomère ne développe jamais de production quelconque, feuille, bourgeon ou autre. Par contre elle s'allonge en général plus ou moins fortement. C'est un entre-noeud.

    Une tige de bambou offre une image très parlante de la structure en noeuds et entre-noeuds, qui se construit par empilement de phytomères.

Fig. 02 : Axe phytomérisé

II _ Monopode et sympode

Deux paramètres pourront aider à distinguer deux plantes l'une de l'autre :

  • Le nombre total de phytomères. Il sera, bien-sûr, bien plus élevé dans la construction d'un chêne que dans celle d'une tulipe ou d'un plantain.

  • L'organisation hiérarchique des phytomères. Chez certaines espèces ils seront tous empilés pour former un seul axe principal. Chez d'autres, aux phytomères de l'axe principal s'ajouteront des phytomères secondaires sur les rameaux secondaires; des phytomères tertiaires sur les rameaux de troisième ordre, etc...

La ramification d'une plante se fait de façon très précise. Elle peut être étudiée comme le mode d'empilement des phytomères.

  • Quelques plantes dites simples ne sont pas ramifiées. Seul le méristème apical caulinaire principal produit des phytomères qui s'empilent les uns sur les autres. L'axe principal, seule production de la tige, constitue entièrement l'appareil végétatif de l'individu. Cette disposition est généralement due au fait que, bien qu'il y ait des bourgeons latéraux au niveau des noeuds, le méristème latéral qu'ils protègent ne se développe pas. Il y a dominance apicale (cf. physiologie végétale).

Fig. 03 : Organisation fondamentale d'une plante simple (1) et d'une plante ramifiée (2)
Fig. 03 : Organisation fondamentale d'une plante simple (1) et d'une plante ramifiée (2)
  • D'autres plantes, outre la construction d'un axe principal comme dans les plantes simples, ont un appareil végétatif ayant développé des axes latéraux (axes secondaires). Ces végétaux sont dits ramifiés. Deux types de ramification se rencontrent chez les plantes à fleurs : monopode et sympode.

III _ Rapports entre phytomères

Monopode : L'axe principal est toujours la structure dominante. C'est lui qui donne à la plante son port, les branches ou rameaux latéraux restant toujours moins développés que lui.

Sympode : Ici, après avoir produit un certain nombre de phytomères, l'axe principal arrête son développement (c'est un axe latéral secondaire qui le poursuit).

Fig. 04 : Ramification de l'axe des Angiospermes

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