Biologie
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La pratique des croisements de drosophiles

Introduction

Pour effectuer des croisements entre 2 souches différentes de Drosophile, il ne suffit pas de mettre ensemble des mâles et des femelles de chacune des souches. On doit tenir compte d'une particularité physiologique des femelles : la présence d'une spermathèque, une petite poche dans laquelle s'accumulent les spermatozoïdes lors des accouplements. Juste avant d'être pondu, l'ovule est fécondé au hasard par l'un de ces spermatozoïdes en réserve.

Au moment de faire un croisement, pour éviter que deux types de mâles ne fécondent les femelles, il faut séparer celles-ci des mâles de leur souche avant qu'ils ne s'accouplent. C'est ce qu'on appelle l'isolement des femelle vierges.

L'isolement des femelles vierges

Avant de procéder à l'isolement des femelles vierges, on vide tous les adultes présents dans le flacon. Dans un délai de moins de 10 heures, on endort (à l'éther ou au froid) les jeunes adultes nouvellement éclos. Puis on effectue le tri des mâles et des femelles sous la loupe binoculaire :

On distingue sans difficulté les mâles et les femelles : les femelles ont un abdomen clair et allongé, les mâles ont un abdomen plus court, plus arrondi dont l'extrémité, sombre, porte la plaque génitale (un cercle noir). Ils ont aussi une touffe de poils supplémentaire, appelés peignes sexuels situés sur la première paire de pattes.

On met ensemble quelques femelles de la première souche (par exemple un mutant à yeux bruns) avec des mâles de l'autre souche (par exemple la souche sauvage à yeux rouge brique) pour faire un croisement entre ces deux souches.

Le croisement réciproque s'effectue en rassemblant des femelles sauvages avec des mâles à yeux bruns.

Après 3 ou 4 jours dans une étuve à 25°C, on vérifie qu'il y a eu des pontes et que des larves se développent et on vide les bocaux.

Les parents ainsi éliminés, seuls les descendants seront présents dans le bocal quand ils écloront au bout d'une dizaine de jours.

Observation de la descendance

On observe alors les descendants à la loupe binoculaire. Il peut y en avoir plusieurs dizaines et même une ou deux centaines. Pour connaître la composition de la descendance, on trie les individus selon leur sexe et leur phénotype.

Par exemple, dans le cas de l'observation de la F2 (F pour 'Fécondation', 2 pour 2ème série), croisement entre mâles et femelles F1 résultant d'un croisement de la souches Sepia à yeux bruns et de la souche sauvage aux yeux rouge brique, on trie la descendance selon le sexe et la couleur des yeux.

Les conditions d'une bonne pratique expérimentale

En conclusion, pour une bonne pratique expérimentale, il est nécessaire de :

  • vérifier le phénotype des souches lors des repiquages d'entretien,

  • isoler des femelles vierges avant les croisements,

  • éliminer les parents avant l'éclosion des descendants,

  • retirer régulièrement les descendants des flacons.

Dans ces conditions, et à partir de l'observation de la descendance d'un croisement, on peut analyser la transmission d'un caractère à travers plusieurs générations, caractériser des souches parentales dont le génotype n'est pas connu et déterminer les relations entre les gènes en cause.

Légende :
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