Convergence d'une suite vers un réel

Intuitivement la suite \((u_n)\) converge vers un réel \(l\) si \(u_n -l\) est petit quand \(n\) est grand, ce qui veut dire "aussi petit que l'on veut" mais pas "de plus en plus petit".

DéfinitionConvergence d'une suite vers un réel

Soit \((u_n)\) une suite réelle et soit \(l\) un réel ; on dit que \((u_n)\) converge vers \(l\) quand \(n\) tend vers \(+\infty\) si l'une des propriétés 1. 2. 3. équivalentes suivantes est vérifiée.

  1. Pour tout voisinage \(V\) de \(l\), il existe un rang \(N\), tel que \(u_n\) appartienne à \(V\) pour tout entier \(n\) supérieur ou égal à \(N\).

  2. Tout intervalle ouvert contenant \(l\) contient tous les termes de la suite sauf pour un nombre fini d'indices.

  3. Quel que soit \(\epsilon>0\) , il existe \(N\in \mathbb N\) tel que \(n \geq N\) entraîne \(\vert u_n-l\vert<\epsilon\).

    Il est bien évident que l'entier \(N\) dépend de la suite \((u_n)\) et de \(\epsilon\).

    Elle s'écrit en langage formalisé :

    \(\displaystyle{\forall\epsilon>0,\quad\exists N\in\mathbb N,\quad\forall n\in\mathbb N,\;(n\geq N\Rightarrow\vert u_n-l\vert<\epsilon)}\)

La propriété (c) peut être exprimée:

  • en représentation axiale

  • en représentation graphique

ComplémentLes représentations

La propriété (c) exprime:

  • en représentation axiale qu'il n'y a qu'un nombre fini de termes hors de l'intervalle \(]l-\epsilon,l+\epsilon[\) ou encore que tous les \(u_n\) pour \(n\geq N\) appartiennent à l'intervalle \(]l-\epsilon,l+\epsilon[\),

  • en représentation graphique qu'il n'y a qu'un nombre fini de points \((n,u_n)\) hors de la bande \(N\times]l-\epsilon,l+\epsilon[\) ou encore que tous les points \((n,u_n)\) pour \(n\ge N\) appartiennent à la bande \(N\times]l-\epsilon,l+\epsilon[\).

Remarque

On définit le même concept de limite en prenant indifféremment les inégalités \(n\geq N\)  ou \(n> N\)  et \(\vert u_n-l\vert<\epsilon\) ou \(\vert u_n-l\vert\leq\epsilon\) .

Exemple

Il s'agit non de donner une méthode d'étude des suites (les théorèmes efficaces seront vus ultérieurement), mais d'effectuer des calculs de l'entier \(N\) en fonction de \(\epsilon\).

  1. La suite \(\displaystyle{\left(\frac{1}{n}\right)_{n\geq 1}}\) converge vers \(0\).

    Soit \(\epsilon>0\), on cherche un rang \(N(\epsilon)\) tel que l'on ait \(\displaystyle{0<\frac{1}{n}<\epsilon}\) pour \(n\geq N(\epsilon)\).

    Il suffit de prendre \(\displaystyle{N(\epsilon)=\left[\frac{1}{\epsilon}\right]+1}\).

    Pour \(\epsilon= 10^{-2}\) on a \(N(10^{-2} ) = 101\).

  2. La suite \(\displaystyle{\left(\frac{1}{n+(-1)^n\sqrt n}\right)_{n\geq 2}}\) converge vers 0.

    La réalisation de la condition \(\displaystyle{0<\frac{1}{n+(-1)^n\sqrt n}<\epsilon}\) pour \(n\geq N(\epsilon)\) est plus difficile que dans le cas précédent car cette suite n'est pas monotone.

    On peut utiliser le fait que la suite \(\displaystyle{\left(\frac{1}{n+(-1)^n\sqrt n}\right)_{n\geq 2}}\) est majorée par la suite \(\displaystyle{\left(\frac{1}{n-\sqrt n}\right)_{n\geq 2}}\) et cette dernière suite vérifie \(\displaystyle{0<\frac{1}{n-\sqrt n}\leq\frac{2}{n}}\) pour \(n\geq 4\).

    Il suffit alors de réaliser \(\displaystyle{0<\frac{2}{n}<\epsilon}\), soit \(\displaystyle{n>\frac{2}{\epsilon}}\) avec \(n\geq 4\).

    On peut donc prendre \(\displaystyle{N(\epsilon) =\textrm{max}\left(\left[\frac{2}{\epsilon}\right]+1,4\right)}\); pour \(\epsilon= 10^{-2}\) on a \(N(10^{-2}) =201\).

  3. Pour tout \(x\) réel la suite \((x_n)\) des approximations décimales par défaut d'ordre \(n\) converge vers \(x\).

    On a en effet \(\displaystyle{x_n\leq x< x_n+10^{-n}}\) d'où \(\vert x-x_n\vert<10^{-n}\).

    On peut donc prendre \(\displaystyle{N(\epsilon)=\left[\log_{10}\frac{1}{\epsilon}+1\right]}\);

    pour \(\epsilon= 10^{-2}\) on a \(N(\epsilon) = 2\).

Remarque

L'entier \(N(\epsilon)\) n'est, bien évidemment, pas unique, tout entier supérieur convient. On s'efforcera de chercher le "meilleur", c'est à dire le plus petit.